GLOSSAIRE

Aarts : partie du lait fermente bouilli qui s’est separee du liquide sereux appele petit-lait. Mis a secher, l’aarts devient de l’aaruul. A l’automne, les eleveurs mettent l’aarts dans un estomac d’animal et le congelent. En hiver, cet aarts congele – egalement appele tsagaa – s’utilise en complement de la soupe, et d’une boisson chaude tres proche de la soupe, a base d’aarts, de farine et d’eau. L’aarts congele est un des en-cas favoris des enfants pendant l’hiver et se consomme comme une glace. Selon le lait de l’animal dont il est fait et de la methode d’ebullition employee, l’aarts peut avoir un gout, une couleur et un aspect differents. Certaines familles y ajoutent du sucre, du riz, de l’aaruul, de l’eezgii et du fromage avant de le congeler.

Aaruul : sorte de formage blanc caille, seche a l’air libre. Aliment leger, dur et solide pour de longs voyages, c’est le parfait en-cas des eleveurs nomades. Le gros aaruul, epais et gras, s’appelle huruud. L’aaruul peut avoir differents gouts, formes et degres de durete selon le lait de l’animal dont il est fait (vache, brebis, chevre, chamelle, renne, yak). L’aaruul de yak, de brebis, de chamelle ou de renne se reconnait a sa richesse en lipides caracteristique, tandis que l’aaruul de chevre ou de vache est moins gras. Dans l’Arkhan comme a Dayan Deerkh, les gens font generalement de l’aaruul de vache et de brebis. On ne fait pas d’aaruul a partir du lait de jument. En ete, on voit souvent l’aaruul en train de secher sur des plateaux de bois places en hauteur sur les pentes des gers ou d’autres surfaces, hors de portee des chevres et des autres animaux.

Aimag : division politique et administrative de la Mongolie, communement traduite par ≪ province ≫. De nombreux aïmags, plus petits, furent introduits a partir de 1923 pour remplacer les quatre grands aïmags de l’ere precommuniste. De nos jours, la Mongolie compte 21 aïmags dont celui du Khovsgol, etabli en 1931. Les aïmags sont subdivises en sums, et les sums en bags. La plupart des heros du roman sont du sum d’Erdenebulgan, l’un des 24 que compte l’aïmag du Khovsgol.

Airag : lait fermente prepare dans de grands recipients en bois ou en cuir, consomme essentiellement en boisson et dont on tire aussi la vodka au lait. L’aïrag a boire est toujours fait de lait de jument fermente. C’est un breuvage tres populaire en ete. Tout particulierement dans les regions plus chaudes et a plus basse altitude comme dans le Gobi, la steppe, et les regions centrales ou du centre nord de la Mongolie, l’aïrag est LA boisson alcoolisee des rejouissances, celle qu’on offre aux invites. Dans le nord et l’extreme ouest du pays, ou il est impossible de faire fermenter du lait de jument en une nuit a cause du froid et de l’altitude, l’aïrag d’autres animaux est plus populaire. Ces sortes d’aïrag – a base de lait de vache ou de melange de laits de jument, de vache et de brebis, etc. – sont utilisees comme matiere premiere pour la vodka au lait et l’aaruul.

Altan Tovch : chronique des Khans mongols de la Famille d’Or, datant du XVIe siecle (les Khans de la Famille d’Or sont ceux qui peuvent faire remonter leurs origines a Gengis Khān par les hommes). Beaucoup des vers et toute une section de l’Altan Tovch coincident avec des passages de L’Histoire secrète des Mongols, recit sur la vie de Gengis Khān, datant du XIIIe siecle.

Arkhan (prononcer ≪ Ar-hawn ≫) : nom d’une vallee et d’une riviere dans la region frontaliere au nord de la Mongolie. Dans la vallee de l’Arkhan parcourue par la riviere Arkhan se trouve aussi le petit lac Arkhan. On raconte qu’un ovoo de bois, haut comme un immeuble de trois etages, tronait au sommet d’une proche montagne, erige par les premieres familles de gardiens qui s’etablirent dans la vallee au debut du XVIIIe siecle. Cet ovoo historique a ete detruit par un incendie dans les annees 1980.

Armee du peuple : armee d’eleveurs et de soldats formee en 1920 par un jeune officier plein d’energie, Damdin Sukhe Bator, qui reconnut que la Mongolie du Bogd Khān n’etait pas assez forte pour proteger le pays de l’intervention chinoise et de la brutalite des soldats russes blancs du Baron Ungern. Sukhe Bator fit partie de la delegation du Parti du peuple mongol qui se rendit en secret a Moscou en 1921 pour demander une assistance militaire a Lenine. La meme requete fut faite a plusieurs puissances europeennes occidentales et aux Etats-Unis, mais en pure perte. Ces autres puissances voulaient eviter de se trouver melees a la lutte continuelle entre l’Union sovietique, le Japon et la Chine pour le controle de l’Asie du Nord-Est. Seuls les bolcheviks accederent a la demande. Et donc, avec l’aide des Russes rouges, l’armee du peuple de Sukhe Bator debarrassa victorieusement la Mongolie de ses envahisseurs etrangers. Lui-meme s’acquit une extraordinaire popularite de heros national et de liberateur d’Ikh Khuree et d’Altanboulag. Il devint ministre de l’Armee en fevrier 1921 apres avoir libere Ikh Khuree des Chinois et des Russes blancs. Il n’avait que 30 ans quand il mourut brusquement d’un mal mysterieux. Les historiens communistes pretendirent qu’il avait ete empoisonne par des agents du Bogd Khān. D’autres soutiennent qu’il fut empoisonne par les Rouges, tandis que certains maintiennent que sa mort fut causee par la pneumonie. Quelle que soit la raison de sa mort precoce, Sukhe Bator demeure le heros le plus important du mouvement national de liberation de 1921. Son monument se dresse sur la place centrale d’Oulan-Bator (on a recemment revele, toutefois, que la statue avait ete construite par des prisonniers lamas). A partir de 1920, l’armee reguliere mongole s’est donc appelee l’armee du peuple, et c’est encore son nom populaire actuel.

Bag : la plus petite division administrative en Mongolie.

Bannieres noires : bannieres faites de crins de la queue de chevaux noirs. Le crin maintenu par un cerceau est suspendu au sommet d’une longue hampe dressee a la verticale. La Grande Nation mongole de Gengis Khān avait deux sortes de bannieres officielles : les noires et les blanches. Les noires symbolisaient la guerre et tout ce qui avait trait au registre martial, tandis que les blanches symbolisaient la paix et tout ce qui concernait les ceremonies.

Beurre blanc : beurre doux (oröm) entrepose pendant un certain temps. Conserve dans un pot de liege ou de bois ou encore dans l’estomac d’un animal, il prend un gout de creme aigre epaisse. Conserve dans des pots en plastique ou en metal, il se deteriore rapidement alors qu’un recipient en bois ou un estomac d’animal empeche sa deterioration. Le beurre blanc est le meilleur ingredient pour la fabrication du ≪ beurre compose ≫ et celle du ≪ beurre jaune ≫. Tout beurre blanc d’aspect peut s’appeler du ≪ beurre blanc ≫. Par exemple, le beurre d’aïrag de vache est blanc d’aspect, on l’appelle donc du ≪ beurre blanc ≫.

Beurre compose (ou haïlmag) : repas a base de beurre, de farine, de the au lait et de sucre. On l’appelle aussi haïlmag (≪ beurre fondu ≫). Il tient plus au corps qu’un en-cas type, et peut faire office de dejeuner ou de diner. A ses ingredients traditionnels peuvent s’ajouter de l’aaruul, de l’eezgii, des raisins et des racines de differentes plantes. Le meilleur haïlmag se fait avec du beurre de creme (oröm) vieux de quelques jours ou du beurre d’aïrag. Les eleveurs mettent l’oröm a fondre a feu doux, et en retirent du beurre a 100 % de matieres grasses appele ≪ beurre jaune ≫. L’haïlmag fait de beurre de creme entiere est un aliment tres riche. Congele et decoupe en toutes sortes de formes, il sert d’en-cas de choix, voire de friandise a offrir aux invites. Certaines familles le congelent apres l’avoir artistiquement sculpte et grave d’images en relief.

Beurre d’airag : beurre obtenu en incorporant du lait frais entier a du lait fermente (aïrag) sans cesser de battre le melange. Le beurre obtenu est plus pale et son gout plus proche de celui du beurre industriel occidental. Toutes les sortes de lait, y compris le lait de jument, donnent du beurre d’aïrag. Neanmoins, on emploie essentiellement pour cela du lait de vache, de brebis et de yak.

Beurre de creme (ou oröm) : la plus fraiche des matiere grasses et celle au gout le plus agreable, assimilee a du beurre doux. Il s’obtient en tenant d’abord au chaud du lait qu’on a fait bouillir, puis en le refroidissant brusquement. L’oröm se presente sous la forme d’une peau jaune dure recouvrant une couche de creme blanche, plus molle. Chez les familles d’eleveurs nomades, il se consomme au petit-dejeuner pendant les mois d’ete et d’automne, quand les vaches donnent du lait. Au bout de quelques jours, l’oröm perd son gout agreable et devient de la creme epaisse plus aigre.

Beurre jaune : beurre a 100 % de matieres grasses, de couleur jaune vif. Il est fait a partir de beurre doux (oröm) ou de beurre blanc qu’on melange a feu doux. Le beurre jaune s’utilise en cuisine, dans la fabrication de produits de consommation, et comme principal ingredient pour fabriquer les bougies des monasteres comme des habitations individuelles. Le beurre jaune n’emettant pas de fumee visible, il constitue la bougie ideale a laisser bruler devant des objets precieux tels qu’icones, thangkas et images de dieux et de defunts.

Bogd Khān, huitieme, ou Javzandamba Hutagt VIII (1870-1924) : chef supreme de la Mongolie, temporel et religieux, de 1911 a 1921. Apres avoir libere la Mongolie du joug deux fois seculaire des Mandchous, Javzandamba Hutagt jouit d’une popularite considerable en tant que guide de la nation. Son gouvernement comprenait six ministres dont un Premier ministre, Namnansuren. En 1921, il fut evince du pouvoir par des chefs de l’armee du peuple comme Sukhe Bator et Bodoo, demeurant cependant jusqu’a sa mort, en 1924, l’autorite religieuse de la Mongolie. Apres son deces, le gouvernement communiste interdit la recherche (et l’annonce de recherche) de sa neuvieme reincarnation en tant que neuvieme Hutagt (saint) de Mongolie. Par la suite, ses freres lamas allaient etre victimes par milliers des purges orchestrees par le regime communiste a la botte de Staline. L’image personnelle du Javzandamba Hutagt a ete extremement deformee par les communistes. Au lieu du nationaliste audacieux et enthousiasmant qui avait mene la revolte de 1911 contre les Mandchous, il fut depeint par la machine de propagande du parti comme un syphilitique, obsede sexuel et mentalement desequilibre.

Bogdo : voir Bogd.

Bonnets jaunes : grande secte du bouddhisme tibetain tres repandue en Mongolie, la premiere a y avoir ete introduite. Le Bogd Khān fut, dans toutes ses incarnations, un Bonnet jaune. Parce que cette secte n’a pas grand-chose en commun avec le chamanisme mongol traditionnel, sa rivale, la secte des Bonnets rouges, introduite a une date ulterieure, en est venue a predominer dans certaines parties de la Mongolie. Dans les regions fortement chamaniques comme la province du Khovsgol, il est plus courant de voir des monasteres de Bonnets rouges, ou les principaux dieux et esprits sont lies a la nature et ou le ciel est etroitement associe a Bouddha. Le principal monastere des Bonnets jaunes d’Oulan-Bator est celui de Gandan. Le principal monastere des Bonnets rouges etait le temple du Choijin Lama, devenu aujourd’hui un musee. hose etonnante, le lama Choijin, frere du huitieme Bogd Khān – chef spirituel des Bonnets jaunes – fut un celebre Bonnet rouge qui celebrait des rituels chamaniques dans son monastere.

Bonnets rouges : l’autre grande secte du bouddhisme tibetain en Mongolie. La secte mongole des Bonnets rouges admet plus facilement les croyances et les pratiques chamaniques que la secte des Bonnets jaunes.

Bouddhisme tibetain : C’est la tradition du bouddhisme Mahāyāna [≪ grand vehicule ≫], pratiquee par les populations indigenes du Tibet et des regions voisines de la Chine comme la Mongolie, le Nepal, le royaume de Bhutan, et certaines regions himalayennes de l’Inde. L’autre grande tradition, le bouddhisme Theravāda [≪ opinion des anciens ≫], est pratiquee au Sri Lanka, en Birmanie (Myanmar), en Thailande, au Cambodge, au Laos et dans le sud-ouest du Vietnam. Le bouddhisme zen, une ramification du Mahāyāna, se pratique au Japon, en Coree et au Vietnam.

Bouriates : ethnie mongole etablie autour du lac Baikal. Beaucoup de familles bouriates fuirent la Russie en 1917, apres la revolution d’octobre, et elurent domicile en Mongolie. Durant les annees de purges (1937-1939), des milliers de Bouriates furent tues sur l’ordre de Tchoibalsan qui se pliait ainsi a l’exigence de Staline de voir punir les Bouriates comme ennemis de classe pour leur manque de soutien a la revolution bolchevique. Avant les purges staliniennes, du temps ou les Bouriates de Siberie jouissaient d’une plus grande autonomie, les Bouriates russes et les familles gardiennes mongoles fetaient ensemble tous les ans des naadams transfrontaliers. Apres des siecles de domination russe, la langue bouriate est aujourd’hui un compose de russe et de mongol.

Contre-revolutionnaires : terme utilise par les communistes au cours des annees 1920-1940 pour designer ceux qui etaient supposes aller a l’encontre du parti communiste. Par ≪ revolution ≫, ils entendaient la revolution du peuple de 1921 menee par le parti du peuple de Sukhe Bator, qui s’etait empare du pouvoir temporel detenu jusque-la par le Bogd Khān, lequel n’eut plus d’autorite que sur les questions religieuses. Peu de temps apres, l’organisation de Sukhe Bator, le Parti du peuple mongol, fut detournee de l’interieur par les Rouges et rebaptisee Parti populaire revolutionnaire mongol (PPRM). Les non-communistes et les penseurs independants furent elimines du parti, y perdant non seulement leur position politique mais, souvent, la vie.

Cyrillique, alphabet : l’alphabet slave, utilise en Russie et dans beaucoup des anciennes republiques sovietiques telles que la Serbie, la Bulgarie et la Mongolie. Plus phonetique que le vieil alphabet latin, il fut introduit en Mongolie en 1946 en remplacement de l’ancienne ecriture vertical mongole qui, avec l’ecriture latine, a connu un leger renouveau depuis la chute du communisme. Aujourd’hui, les enseignes de magasins d’Oulan-Bator sont un melange de caracteres cyrilliques et latins. Les bureaux du gouvernement utilisent l’ancienne ecriture mongole sur leurs panonceaux.

Da Khuree : l’ancien nom d’Oulan-Bator en tant que centre religieux du pays. Son nom seculier etait Urguu (qui signifie ≪ palais ≫) ou Niislel Khuree (qui signifie ≪ camp capitale ≫). Les noms d’Urguu [Ourga] ou de Da Khuree furent plutot employes durant la periode de domination mandchoue. L’autre ancien nom religieux de Da Khuree etait Ikh Khuree (≪ grand cercle ≫ ou ≪ grand camp ≫). En 1924, le gouvernement communiste transforma le nom d’Ikh Khuree en Oulan-Bator qui signifie ≪ heros rouge ≫. (Voir Ourga.)

Dayan Deerkh Khuree : le monastere bouddhique de Dayan Deerkh (Dayan signifie ≪ de tous ≫, Deerkh est le nom de la riviere). Selon la mythologie locale, Dayan Deerkh etait un celebre chaman qui tenta de s’enfuit avec la fille d’un khan et qui, cerne par ses poursuivants, se changea en pierre. La pierre disparut mysterieusement pendant la domination communiste. Meme aujourd’hui, les eleveurs de la region ont des avis bien arretes sur les raisons de sa disparition.

Del (prononcer ≪ dael ≫) : le costume national mongolien. Un del peut servir de manteau, d’habit de ceremonie ou meme de robe. Sa coupe est generalement la meme pour les femmes et pour les hommes, concue pour convenir aussi bien a cheval qu’en voyage, aux changements subits de temperature et aux longues heures passees dans le vent, le grand soleil ou le froid. Serre a la taille par une ceinture, il forme une poche de tissu bien pratique pour transporter des objets personnels. En voyage, un del peut aussi servir de matelas ou de couverture. L’usage du long del flottant reste courant dans les regions rurales.

Dulaan Boshgot (≪ Dulaan le Titre ≫) : chaman a la tete des familles gardiennes fondatrices de la vallee de l’Arkhan, et un ancetre de Namsrai et de ses fils.

Ecoles du peuple : ecoles fondees dans les annees 1920 par le gouvernement laique nouvellement forme. Elles enseignaient les mathematiques modernes, la physique et chimie, le mongol, la musique et la culture physique, ainsi que des matieres antireligieuses comme l’ideologie communiste. Au debut, les instituteurs du peuple eurent du mal a garder leurs eleves, mais, des 1937, ces ecoles acquirent plus d’autorite grace au recrutement d’instituteurs membres du PPRM et a l’introduction de mesures d’imposition permettant de taxer lourdement les familles qui preferaient envoyer leurs enfants dans les monasteres plutot que dans ces ecoles du peuple, afin de leur faire suivre une education religieuse.

Eezgii : en-cas a base de fromage. On fait de l’eezgii a partir du lait en utilisant la meme methode que pour le fromage. Cependant, au lieu de separer tout de suite le fromage du petit-lait, l’eezgii est bouilli avec le petit-lait jusqu’a ce que celui-ci penetre dans le fromage ou s’evapore. Une fois le petit-lait reduit par ebullition, ces particules de fromage d’un jaune brunatre restent dans la marmite. On les laisse secher sans les presser. L’eezgii est riche en proteines et en calcium, et d’un gout agreable. Considere comme un en-cas de luxe, c’est un des aliments preferes des eleveurs tant en voyage que dans leurs randonnees quotidiennes pour s’occuper du betail. La sorte d’eezgii la plus prisee est faite a partir de lait non ecreme. Cette sorte-la, plus molle et plus douce, s’appelle ≪ eezgii de lait cru ≫.

Encens : Dans les monasteres mongols, comme au Tibet et dans les regions bouddhiques de l’Himalaya, c’est principalement du genievre. Le genievre vert, seche et moulu, est brule a l’exterieur comme a l’interieur du monastere. Pendant les ceremonies, les fideles prennent un pot d’encens en train de se consumer et s’envoient la fumee sur eux-memes. Ils croient qu’ainsi le corps et l’ame du croyant sont purifies et prepares pour le chant ou les autres rituels religieux.

Erdenebulgan : nom d’un sum (district) de la province du Khovsgol. Erdene, qui signifie ≪ tresor ≫, est le nom d’une montagne voisine ; Bulgan, qui signifie ≪ sable ≫, le nom d’une vallee pres du chef-lieu du sum. Le sum d’Erdenebulgan s’appelle officieusement Eg-Uur d’apres une ferme d’Etat qui existait a l’epoque communiste. (Le nom d’Eg-Uur est en reference aux deux grandes rivieres qui traversent le territoire du sum, l’Eg et l’Uur.)

Erdene-Zuu : nom d’un monastere de Karakorom, l’ancienne capitale de la Mongolie. Depuis l’avenement de la democratie, il a retrouve un peu de son ancienne splendeur.

Esprit de l’Etat : Les Mongols croyaient que l’Etat (le gouvernement) devait avoir un esprit puissant qui protege le peuple croyant en lui, ou ceux travaillant pour l’Etat. Cette notion n’etait pas contradictoire avec leur foi en Dieu ou leur pratique de diverses religions. Les nomades, tout en aspergeant l’air de gouttes de the et de lait, prient pour avoir un esprit de l’Etat fort qui apportera, selon eux, la paix, l’ordre, la justice et la richesse.

Famille d’Or : les Mongols de la famille gengiskhanide faisant remonter, par les hommes, leurs origins a Gengis Khān. Pendant les purges de 1937-1938, des membres de la Famille d’Or, tells les Romanov de Russie vingt ans plus tot, furent traques et assassines par les communists pour empecher qu’ils ne deviennent un symbole de ralliement pour l’opposition au regime marxiste.

Feutre : sorte d’epais et chaud tapis de laine. Le feutre de luxe est fait de pure laine blanche (tondue au debut de l’ete). Les nomades mongols utilisent le feutre de maniere extensive ; l’usage le plus repandu etant pour garnir les murs et le plafond de leur ger. On voit aussi souvent des tapis en feutre, des chaussures, des chaussettes, des matelas et des chapeaux, ainsi que des tapis de selle. La fabrication du feutre a lieu traditionnellement au-dehors et c’est toujours une activite collective tres amusante. Les eleveurs tondent les moutons, ramassent la production de laine de la journee et la lavent. La laine lavee et sechee est ensuite etalee sur le sol et melangee. Pendant que certains humidifient la laine, d’autres la battent inlassablement avec de fins batons. Apres avoir bien melange, mouille et battu la laine, ils l’enroulent autour d’un rondin, l’attachent solidement et font rouler le rondin en le trainant derriere un cheval jusqu’a ce que la laine soit seche et bien pressee. Les eleveurs detachent alors le rouleau de feutre desormais pret a l’emploi, qui a en general la taille d’un tuurga (metrage de feutre couvrant le mur d’une ger – il faut quatre tuurgas par couche pour une ger de taille normale) ou d’un deever (metrage de feutre couvrant le plafond de la ger – la il faut deux deevers par couche). Ce jour-la est toujours une occasion de fete ou on mange, on boit et on joue a des jeux, en general aux frais de la famille ou de l’association pour qui est fait le feutre ce jour-la.

Flacon a priser : petite bouteille decoree contenant du tabac a priser (poudre de tabac). Les Mongols se souhaitent mutuellement la bienvenue en echangeant tout d’abord leurs flacons a priser. Le flacon s’accepte main ouverte, pouce en l’air. On aspire la poudre avant de rendre le flacon a son proprietaire de la meme maniere. Le flacon a priser sert aussi d’outil diplomatique dans la steppe : des etrangers se rencontrant au milieu de nulle part descendent de cheval, s’assoient et se saluent en echangeant leurs flacons a priser. Cette petite ceremonie aide a etablir des rapports pacifiques, respectueux et hospitaliers.

Frere, soeur : des amis proches, en particulier ceux d’ages voisins, s’appellent systematiquement frère ou soeur, ce qui peut preter a confusion pour un etranger. Soeur peut lui-meme etre interprete exclusivement comme ≪ soeur ainee ≫ (egch). De meme, frère peut etre interprete exclusivement comme ≪ frere aine ≫ (ah). Soeur cadette et frère cadet s’expriment par le meme mot : duu. Dans la langue parlee, soeur peut vouloir dire tout ce qui suit : soeur plus agee, tante, autre parente plus agee, amie plus agee ou plus respectable, superieure hierarchique. Il en est de meme pour le terme frère employe par des hommes.

Fromage : produit laitier considere comme un produit de luxe, les eleveurs faisant leur fromage avec du lait non fermente de bonne qualite. Quelqu’un qui offre un fromage entier donne l’equivalent d’une marmite entiere de lait (au moins 10 litres). Pour faire du fromage, on tiedit une marmite de lait a feu doux et on y ajoute une pressure (habituellement du yaourt). Le caillage opere, le liquide sereux (petit-lait) qui reste sert a nourrir les animaux. Le fromage est enveloppe dans du coton et mis sous presse entre deux objets lourds tels qu’une pierre et une roue de charrette. Le fromage frais est considere comme un mets raffine ; le fromage sec sert d’en-cas ou, comme l’aaruul, de provision de bouche en voyage. La sorte la plus prisee des eleveurs est faite de lait non ecreme. Ce genre de fromage, plus mou et beaucoup plus doux et plus blanc que le fromage fait avec du lait semi ecreme, s’appelle ≪ fromage au lait cru ≫.

Gandan Khiid : grand monastere d’Oulan-Bator, le centre bouddhique ou se tenaient la plupart des grandes ceremonies religieuses sous le regime du Bogd Khān. Yonzon Khamba, le khamba lama (grand lama) de Gandan, fut arrete et execute en septembre 1937, action qui marqua le debut des purges massives. Le monastere de Gandan fut en partie detruit a la fin des annees 1930, puis restaure en hate en 1944 – une vaine tentative de l’Etat pour convaincre le vicepresident americain Henry Wallace et son conseiller culturel, Owen Lattimore, en visite que les Mongols jouissaient bien de la liberte de culte.

Gardiens : familles mongoles dont les ancetres jurerent, au debut du XVIIIe siecle, de surveiller la frontiere septentrionale de la Mongolie. Certaines d’entre elles descendaient directement de Gengis Khān ou de ses generaux. Ces gardiens etaient de simples eleveurs, des chasseurs, des lamas et des chamans qui s’etablirent aux 88 points de passage designes, le long de la frontier russo-mongole et alentour. Leur mission etait de maintenir la paix a la frontiere et d’empecher d’autres incursions cosaques dans des terres mongoles par tradition. Ils se consideraient comme de vrais soldats, prets a defendre le territoire mongol aussi bien que des reguliers, et se distinguerent par leur loyaute fervente a l’Etat mongol. A cause de cette loyaute envers l’Etat, les monasteres des regions frontalieres ne se joignirent pas a la revolte des lamas contre le gouvernement revolutionnaire en 1932. Bien que les gardiens ne fussent pas nommes a chaque nouvelle generation, les parents de ces familles-la enseignaient a leurs enfants qu’il etait de leur devoir de proteger la Mongolie. Aujourd’hui encore, les zones de la frontiere septentrionale sont pour la plupart peuplees de familles gardiennes qui continuent d’assister les gardefrontieres officiels dans leur tache de surveillance. Pour certains gardiens, proteger la Mongolie a pris, de nos jours, une signification qui depasse largement la simple surveillance de la frontier septentrionale.

Gengis Khān (Chinggis Khaan – prononcer ≪ hawn ≫) : pere de l’Etat mongol. Ne en 1162, Temujin etait le fils aine d’Esukhei, chef d’une petite tribu mongole. Tres tot orphelin, rejete par sa propre tribu, il partit conquerir et unifier les tribus de la steppe mongole, en conflit perpetuel. En 1206, il fonda la Grande Nation mongole. En qualite de premier Khān de la nation mongole nouvellement unifiee, il prit le titre de Gengis Khān, qui signifie ≪ roi vaste comme l’ocean ≫. L’histoire de Gengis Khān est relatee dans L’Histoire secrète des Mongols, chronique du XIIIe siecle qui demeure une des plus anciennes sources ecrites sur le Khān, et certainement la plus detaillee. Gengis Khān est le chef le plus populaire de la Mongolie – un legislateur d’une grande tolerance religieuse qui privilegia le merite personnel par rapport aux titres, et rechercha la paix avant la guerre. (Le mot ≪ ambassadeur ≫ derive du mongol amban said significant ≪ ministre loin du centre ≫.) Il existe de nombreux poemes, chansons, contes et legendes sur Gengis Khān. De 1937 a 1939, des descendants de Gengis Khān furent pourchasses et assassins sur l’ordre de Tchoibalsan. Le gouvernement communiste punissait alors quiconque faisait l’eloge de Gengis Khān, et la seule mention de son nom fut soumise a une censure a l’echelle nationale. Pour n’etre pas prives de leur emploi ni punis d’une autre maniere, les gens n’y firent plus reference que comme ≪ le vieil homme ≫. Aujourd’hui, le nom de Gengis Khān et les images a sa ressemblance ornent absolument tout, des flancs de montagne aux packs de lait, des hotels aux bouteilles de vodka, des billets de banque aux canettes de biere – une facon exuberante de celebrer sa rehabilitation post-communiste.

Ger : la traditionnelle demeure en feutre, de forme circulaire, des eleveurs nomades de Mongolie, qui se compose d’une structure en bois en treillis, demontable, de deux poteaux centraux coiffes au sommet par une ouverture circulaire (tonoo), de longues perches (unis) reliant le haut de la structure en treillis au tonoo circulaire, et d’une enveloppe en feutre avec un revetement de toile (ou, autrefois, de peaux de bete). Une ger peut se monter ou se demonter en une demiheure (≪ yourte ≫, derive du turc, est le terme russe pour ger).

Gol : riviere en mongol.

Grande Nation mongole (ou ≪ Ikh Mongol Ulus ≫) : En 1206, Gengis Khān reunit les tribus mongoles et convoqua une vaste assemblee, le quriltaï (conseil de chefs), qui comprenait tous les chefs de tribus mongoles, les generaux de Gengis, et les membres de familles choisies. Ce grand quriltaï annonca l’etablissement d’une nouvelle nation, la Grande Nation mongole, et de son premier dirigeant, Gengis Khān. A Ikh Khuree, le 29 decembre 1911, des seigneurs et des aristocrates mongols se revolterent contre leurs suzerains mandchous, avec le soutien actif du clerge bouddhiste, et ressusciterent la Grande Nation mongole, placee sous l’autorite du huitieme Bogd Khān.

Guyai : formule respectueuse pour s’adresser a une personne plus agee ou d’un rang superieur. Le terme est parfois utilise sur le mode sarcastique pour qualifier quelqu’un d’ignorant. En ce cas, c’est le ton de la conversation ou son contexte qui indique l’allusion sarcastique.

Histoire secrete des Mongols : chronique du XIIIe siecle sur la vie de Gengis Khān et la foundation de la Grande Nation mongole. L’Histoire secrète des Mongols est un tresor historique et litteraire. Elle fut enseignee, pendant l’ere communiste, dans les cours de litterature des ecoles secondaires alors que le nom de Gengis Khān avait ete raye des manuels d’histoire, des journaux et des films. En ce temps-la, les professeurs de litterature mongols se donnaient une image nationaliste non-conformiste, se laissant pousser les cheveux et la moustache. Ils se servaient de l’Histoire secrète des Mongols pour enseigner l’histoire de la Mongolie. Pour les enfants qui grandirent pendant la periode communiste, l’Histoire secrète des Mongols fut le seul moyen d’acceder a Gengis Khān et a l’histoire mongole, sans craindre la censure du PPRM et de ses conseillers sovietiques.

Horgorzul : grande fleur rose qui pousse dans les bois, car elle a besoin d’ombre et d’humidite. Son parfum fait penser a la myrtille. Les fleurs laissees a tremper dans de l’eau ont egalement un gout de jus de myrtilles. Ne croissant jamais de facon isolee, elle se trouve en abondance dans le meme coin, et une zone forestiere ou poussent des horgorzuls donne l’impression qu’on a peint tout l’endroit dans de magnifiques tons roses.

Hutagt (ou Khutagt) : saint bouddhiste tibetain, un etre saint reincarne, le Bouddha vivant. Dans le lamaisme mongol traditionnel, il y avait beaucoup de saints differents dotes de pouvoirs differents. On croyait que chaque Hutagt etait tellement saint qu’il renaissait plusieurs fois pour porter chance a la communaute qui croyait en eux. Le saint le plus puissant fut le Bogd Javzandamba Hutagt dont les huit incarnations furent officiellement relatees. Sa neuvieme renaissance, et la reconnaissance du Bogd Javzandamba IX, furent interdites par le regime communiste apres la mort du huitieme Bogd en 1924, bien qu’il y eut un pretendant. Il y eut sept Grands Hutagts dans l’aire religieuse du Bogd Khān (l’ecole des Bonnets jaunes), ce qui signifiait qu’ils etaient reconnus dans toute la Mongolie. Il y eut treize autres Hutagts reconnus dans les centres religieux des quatre provinces que comptait la Mongolie a l’epoque du Bogd Khān. Ces vingt et un Hutagts, dont le Bogd Javzandamba Hutagt lui-meme, furent tous interdits par le regime communiste qui s’opposa a toute revendication quant a leur resurrection posterieure. (Voir Bogd Khān.)

Ikh Khuree : ancien nom d’Oulan-Bator. Ikh signifie ≪ grand ≫, Khuree designe une implantation de population autour d’un grand monastere, ou la region desservie par un monastere. (Voir Da Khuree.)

Instituteur du peuple : instituteur de l’ecole du peuple (voir ce nom). Dans les premieres annees de la Revolution du peuple mongole, ces instituteurs furent souvent membres du parti populaire revolutionnaire mongol (PPRM) ou de son association de jeunes, l’Union de la jeunesse revolutionnaire. Les instituteurs du peuple etaient non seulement des educateurs, mais aussi des militants qui combattaient l’enseignement religieux et ses maitres (lamas).

Jamsran (Divinite rouge feroce) : une des divinites dites feroces parmi les nombreuses divinites protectrices du bouddhisme. Au temps du Bogd Khān (1911-1921), chacun des cinq ministers du gouvernement mongol avait ses divinites ou ses dieux tutelaires. Le dieu Jamsran ou, ainsi qu’il est surtout connu, la Divinite rouge feroce, fut le dieu tutelaire du ministere de la Defense et de l’Interieur. Poursuivant cette tradition, la police mongole actuelle venere Jamsran et le considere comme son protecteur spirituel officiel. En Mongolie, on croit que Jamsran deteste les mensonges, le vol, le meurtre et le sang verse.

Jamyanmyag : jolie fleur orange qui pousse dans les bois, pres des sources et des endroits humides.

Jeunes pionniers : organisation de jeunes fournissant aux enfants une education parascolaire, avec une dose massive d’ideologie communiste en prime.

Karakorom : cite fondee en 1235 par le troisieme fils de Gengis Khān, Ogodei, dans la vallee de l’Orkhon, dans la steppe centrale de la Mongolie [actuellement pres d’Erdeninbu], qui fut la capitale de la Grande Nation mongole et un comptoir important sur la route de la Soie. De nombreux khans de Mongolie y residerent. La ville etait celebre pour sa grande tolerance religieuse et la forte concentration d’artistes et d’artisans originaires d’Europe et d’Asie [cf. la fontaine de Guillaume Boucher].

Keshig : la garde personnelle de Gengis Khān, etablie en 1206 et formee des fils des premiers combattants qui avaient unifie les tribus mongoles, et des fils de leurs amis loyaux et doues. La Grande Loi [jasaq], premier code de lois ecrit de la Grande Nation mongole, accordait un grand eventail d’immunites et de prerogatives aux soldats du Keshig. Par exemple, les soldats de la garde imperiale en service de nuit avaient plus d’autorite que n’importe quel general. Peu apres la fondation de la Grande Nation mongole, en 1206, les soldats du Keshig et leurs familles s’installerent dans la vallee de l’Orkhon, ou Gengis Khān choisit de construire la capitale de la Mongolie, Karakorom. C’est parmi cette communaute que furent choisies, cinq siecles plus tard, les familles gardiennes des frontieres.

kh : se prononce comme un h aspire a la maniere anglaise [c.-a-d. sur l’expiration], mais avec davantage d’air expulse du fond de la gorge. Le k ne se prononce pas.

Khalkha : le principal sous-groupe composant le peuple mongol. Une majorite de Mongols se definit comme khalkha.

Khamba : chef spirituel et superieur administratif d’un monastere.

Khambiin Ovoo : site pres d’Oulan-Bator ou, sur l’ordre de Tchoilbalsan, des centaines de lamas furent executes et enterres par la police du ministere de l’Interieur. En aout 2003, le charnier de Khambiin Ovoo fut exhume par hasard au cours de travaux d’expansion suburbaine. (Voir photo en debut de livre.)

Khān, khan : le titre de Khān est reserve au dirigeant ou chef supreme alors que celui de khan est accorde aux dirigeants d’un rang immediatement inferieur, tel un chef de principaute.

Khovsgol (prononcer ≪ hovsgol ≫) : une des 21 provinces (aïmags) de Mongolie, en grande partie couverte de forets, s’avancant en saillie dans la Siberie russe. De 1937 a 1939, plus de 2000 lamas, de Mongols bouriates et de descendants de Gengis Khān y furent victimes des purges. Pres de quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux furent executes. Selon les archives du ministere de l’Interieur, devenues accessibles en 1990 a la chute du communisme, plus de 1000 victimes des purges furent fusillees ou condamnees a la prison en l’espace de seulement deux mois (entre mai et juin 1938). Les livres de classe traitant de l’histoire de la province ne comporterent aucune mention de ces atrocites – operees a l’echelle nationale – jusqu’a leur revision en 1992, au debut de l’ere post-communiste. Pour se faire une idee plus concrete de la realite de ces purges, les voyageurs se rendant en Mongolie peuvent visiter le Musee-Memorial des victimes de la repression politique d’Oulan-Bator, situe dans la maison en bois du Premier ministre Peljidiin Genden, qui fut lui-meme victime des purges staliniennes.

Khovsgol Nuur : le plus grand lac d’eau douce de Mongolie, situe dans le nord du pays et entoure de hautes montagnes boisees. On estime que son volume d’eau represente entre 1 et 2 % des reserves mondiales d’eau douce. Le lac Baikal, son jumeau, juste de l’autre cote de la frontier avec la Siberie, a plus de cinq fois la taille du lac Khovsgol, et constitue le plus grand lac terrestre en volume d’eau, contenant plus de 8 % des reserves d’eau douce de la planete.

Khuree : village ou campement comprenant un monastere avec des logements pour les lamas. Le terme sert aussi a designer la region desservie par un monastere.

Lama : moine ou pretre bouddhiste dans la tradition du lamaisme (bouddhisme tibetain).

Laitages : lorsque les Mongols parlent de laitages ou de produits laitiers, ils entendent tout produit derive du lait, a l’exception de la vodka au lait. Les laitages comprennent le lait, les yogourts, l’hoormog, toutes les sortes de beurre, l’aaruul, l’huruud, l’aarts, l’eezgii, les fromages, le tsagaa, l’aïrag, etc.

Livre des morts tibetain : livre tibetain de prieres pour accompagner les mourants et les morts, et les aider au cours de ce passage a atteindre le sort qu’ils meritent dans leur prochaine existence.

Mandchous : le groupe ethnique le plus important, avec les Mongols et les Coreens. Les Mandchous prirent le pouvoir au XVIIe siecle, conquerant d’abord la Chine en 1644, avant de soumettre la majeure partie de la Mongolie. En Chine, la dynastie mandchoue (ou Qing) regna jusqu’a la revolution de 1911, lorsque les Mandchous, designes comme des occupants etrangers, furent renverses par les nationalistes chinois conduits par Sun Yat-sen. Presque simultanement, la Mongolie se revolta de son cote contre le regime mandchou et declara elle aussi son independance, que le nouvel Etat nationaliste chinois refusa de reconnaitre. A la suite de la defaite du Japon lors de la Deuxieme Guerre mondiale, la Chine nationaliste d’abord, la Republique populaire de Chine ensuite, affirmerent leur controle sur la Mandchourie, l’absorbant politiquement et l’envahissant de Chinois Han. Aujourd’hui, la langue mandchoue est presque eteinte. Cependant, la Mandchourie occidentale demeure le foyer de plusieurs groupes ethniques mongols connus sous le nom de Barga.

Moron : centre regional du Khovsgol. Son nom vient de la riviere Delgermoron qui traverse la ville. Moron signifie ≪ grande riviere ≫.

Morongiin Khuree : monastere bouddhique de Moron, et la population qui gravite autour.

Norjin Solidiv : poeme chante de 36 vers, ecrit en 1924 a la mort du Bogd Khān, et souhaitant une reincarnation parfaite au nouveau saint. Meme si Norjin Solidiv n’appelle pas directement a la neuvieme reincarnation du Bogd Khān, il mentionne effectivement le Bogd Hutagt VIII par son nom propre, Luvsanchoijinnyam. La premiere moitie du chant est dediee a la chere memoire de Luvsanchoijinnyam. La seconde partie souhaite l’arrivee d’une ≪ jeune lune ≫ qui, en ≪ repandant un arome subtil ≫, apportera a chacun la paix et l’aboutissement de ses efforts.

Noyon : colline de la vallee de l’Orkhon, pres de Karakorom. Noyon signifie ≪ seigneur ≫.

Nuur : lac en mongol.

Om mani padme hum : mantra tibetain – une priere appelant a la compassion.

Orkh : carre de feutre ou de toile, muni de longues cordes aux quatre coins, et servant de rabat au toono de la ger. Trois des cordes sont fixees a la ger. La quatrieme, celle de devant, sert a ouvrir ou a rabattre l’örkh. Pendant la journee, on ouvre l’örkh en le tirant de moitie en arriere. Dans cette configuration, l’örkh ressemble a un triangle au somment de la ger. La nuit ou par temps de pluie, l’örkh est ferme, ce qui lui donne l’aspect d’un carre pose sur le toit de la ger. Un örkh ferme dans la journee, en l’absence de pluie ou de neige, signifie que cette famille n’accepte pas d’invites a cause d’une maladie ou pour toute autre raison serieuse, comme le corps d’un defunt reposant a l’interieur. En l’absence de raisons de ce type, ne pas ouvrir l’örkh de la ger est considere comme un exemple de mauvaise conduite. Les jeunes couples modernes qui dorment jusque tard dans la matinee et ouvrent leur örkh quand le soleil est deja haut dans le ciel se font reprocher par leurs aines ou leurs voisins leur conduite socialement inadaptee.

Orkhon : grande vallee parcourue par la riviere Orkhon, pres du centre geographique de la Mongolie. Elle fut le site de nombreux peuplements historiques. Ouigours, Turuks, grands Mongols etablirent tous leur capitale dans cette vallee. Ses nombreux sites archeologiques et ses communautes nomades traditionnelles ont incite, en 2005, l’UNESCO a classer le site de la vallee de l’Orkhon patrimoine culturel mondial.

Oulan-Bator (ou Ulān Bātar) : la capitale actuelle de la Mongolie. Ulān Bātar signifie ≪ heros rouge ≫. (Voir Ourga.)

Ourga (ou Orgoo) : nom d’Oulan-Bator de sa fondation en 1639 jusqu’en 1706. De 1706 a 1911, elle fut appelee Ikh Khuree (≪ grand camp ≫) ou Da Khuree (du chinois qui signifie ≪ grand ≫). En 1911, apres la declaration de l’independance marquant la fin de la domination mandchoue, la ville fut ensuite connue comme Niislel Khuree (≪ camp capitale ≫). En 1924, le gouvernement revolutionnaire mongol rebaptisa la capitale Ulān Bātar.

Ovoo (prononcer ≪ owo ≫) : monticule symbolique [cairn] en haut de collines, de montagnes, de cols, au carrefour de chemins, etc. Un ovoo est constitue d’un amoncellement de pierres ou de bois ou des deux. Selon la coutume, les voyageurs dont la route passe devant un ovoo doivent s’arreter et en faire trois fois le tour dans le sens des aiguilles d’une montre, tout en ajoutant une ou plusieurs pierres au cairn. Parfois les gens y deposent aussi des hadags, de l’argent, des bonbons. Les lamas bouddhistes, tout comme les chamans, pratiquaient leur culte a des ovoos pour attirer les habitants du coin a leurs ceremonies particulieres, souvent appelees ovoo naadams. Selon la legende, les ovoos en bord de route furent d’abord eriges a l’epoque de Gengis Khān, au XIIIe siecle, par des soldats partant en guerre. Ces soldats se rendaient en terres etrangeres et probablement qu’ils ne rentreraient pas avant longtemps. Il risquait de se passer plusieurs annees avant qu’une famille ou une communaute ne revoient leurs fils. A la vue d’un ovoo, un voyageur savait en general que cette communaute envoyait ses fils a la guerre. Il ajoutait une pierre en faisant un voeu pour le retour du soldat sain et sauf. Les ovoos chamaniques sont en general situes sur des pics en haute montagne, difficiles d’acces. De tels ovoos sont construits pour proteger la region, pour implorer la pitie de l’esprit des lieux ou lui demander de faire venir la pluie. Depuis le XVIIIe siecle, les bouddhistes ont utilise beaucoup d’ovoos chamaniques pour leurs ceremonies. De nos jours, on ne trouve plus de vrais ovoos chamaniques qu’en de rares endroits. Du temps du communisme, les ceremonies bouddhiques et chamaniques a des ovoos furent interdites, mais les ovoos en bordure de route subsisterent et de nouveaux y furent meme eleves. Toutefois, le fait de pouvoir se procurer partout de la vodka de Russie, forte et bon marche, apporta a l’ovoo une autre sorte de ≪ pierre ≫ : des bouteilles de vodka vides ou pleines ont jonche les sites d’ovoos. Aider a retablir les ovoos dans leur ancien aspect fut une activite civile importante des annees 1990, dans les premiers temps de la democratie. Depuis, les ovoos continuent d’etre nettoyes et veneres.

Parti du peuple mongol (PPM) : premier parti politique de Mongolie, fonde en mars 1921. Au debut, l’objectif du parti etait de liberer la Mongolie de l’occupation chinoise, japonaise et russe blanche, et de prendre le pouvoir politique temporel devolu au Bogd Khān. Avec l’aide des bolcheviks russes, le parti remplit ses objectifs. De 1921 a 1924, le premier chef du PPM fut Danzan Soli. (Voir ci-dessous Parti populaire revolutionnaire mongol.)

Parti populaire revolutionnaire mongol (PPRM) : successeur du Parti du peuple mongol (PPM), qui acquit son nouveau nom en 1924, a la 3e convention du PPM, lorsque la voie de developpement economique non capitaliste fut adoptee contre l’avis de son chef, Danzan Soli, qui voulait donner la preference a l’Occident. Danzan fut fusille pendant la convention – une execution ratifiee a la majorite absolue des delegues de la convention, qui comprenait alors beaucoup de jeunes fraiches recrues, membres du parti communiste. En vertu d’une clause constitutionnelle qui le mentionnait comme la ≪ principale force directrice du pays ≫, le PPRM monopolisa le pouvoir jusqu’en 1990, date a laquelle fut promulguee, sous la pression de l’Union democratique mongole – le premier mouvement politique non communiste – la loi sur les partis politiques qui approuvait un systeme multipartite en Mongolie. Aujourd’hui, le PPRM est l’un des 23 partis politiques de Mongolie et un des deux grands partis a avoir gouverne le pays depuis 1990. En 1992, il se declara non communiste et annonca en 1997 son adoption de l’ideologie social-democrate. En 2003, il rejoignit l’Internationale socialiste et se rebaptisa en 2010 Parti du peuple mongol (PPM).

Petit-lait : liquide acide jaunatre, riche en proteines, qui reste apres extraction de l’aaruul ou de la pate de fromage. Quand le lait tourne, le petit-lait se separe du lait blanc caille. On utilise le petitlait pour nourrir le betail ou pour attendrir le cuir et separer le poil des peaux avant d’en faire du cuir. Le petit-lait retire pendant qu’on fait le fromage est moins acide que celui qu’on retire de l’aarts pendant la fabrication de l’aaruul. C’est ce genre de petit-lait ≪ doux ≫ qu’on utilize pour se ≪ laver l’estomac ≫ selon la therapeutique mongole traditionnelle. Elle consiste a ingurgiter plus de deux litres de petit-lait en une prise, et de s’allonger pour ≪ laver tout l’interieur ≫. En l’espace de quelques heures si ce n’est de minutes, le patient court aux toilettes. On utilise aussi le petit-lait comme creme solaire contre les rayons ultraviolets. Surtout les jours ensoleilles, les parents lavent leurs enfants au petit-lait pour proteger les petits corps nus des coups de soleil.

PPRM : voir Parti populaire revolutionnaire mongol.

Puusuu : matiere textile ayant l’aspect de la soie, mais plus ordinaire. Le puusuu est meilleur marche et ne se prete pas a des imprimes aussi raffines que ceux qu’on trouve dans les soieries.

Russes blancs : opposants des Russes rouges dans la guerre civile qui suivit la revolution communiste d’octobre 1917. Les unites de Russes blancs, mal coordonnees, ne presenterent pas une alternative attractive coherente pour le peuple russe.

Sukhe Bator, Damdin (1893-1923) : heros national de la Mongolie pour son role determinant a la tete de l’armee du peuple qu’il avait formee en 1920. L’armee du peuple de Sukhe Bator etait la continuation et la realisation des objectifs des armees du Mouvement national de liberation formees par Khatan Bator Magsarjav (egalement connu comme Bator Van) et Manlai Bator Damdinsuren, au debut des annees 1910, qui se battirent contre les Mandchous. L’armee de Sukhe Bator combattit les envahisseurs chinois et japonais, et les Russes blancs qui avaient fui la Revolution d’octobre et preparaient en Mongolie le rearmement de leur armee. Elle s’acquit une grande popularite a travers tout le pays. Sukhe Bator etait ne dans une ville frontiere de la province de Selenge, au nord de la Mongolie. En grandissant, il forma d’etroites relations avec les Russes de la region, puis devint l’un des fondateurs du Parti du peuple mongol en 1921. D’une constitution athletique notoire, il fut surnomme Goimon Bator (≪ heros vermicelli ≫) a cause de sa haute taille et de sa silhouette elancee. On pense qu’il faisait partie des delegues du Parti du peuple mongol qui rencontrerent secretement Lenine pour demander l’assistance militaire des bolcheviks. Il mourut en 1923 a l’age de 30 ans. Son monument se dresse au milieu de la place centrale d’Oulan-Bator, qui porte son nom.

Sum (ou somon) : district, l’equivalent administratif d’un departement francais. L’aïmag du Khovsgol compte vingt-quatre sums. (Voir aïmag.)

Sumin gov : centre administratif d’un sum, l’equivalent d’une prefecture francaise. Le sumin gov de l’aïmag du Khovsgol est Erdenebulgan.

Taiga siberienne : foret de Siberie – essentiellement composee de pins de Siberie.

Tara blanche : l’une des vingt et une deesses Tara du bouddhisme tibetain, telle qu’on peut la voir representee dans des sculptures, des peintures et des broderies. La Tara blanche symbolise la purete et la virginite. En Mongolie, sa representation la plus celebre est une sculpture en bronze de Zanabazar, premier chef spirituel bouddhiste, philosophe et artiste, descendant en ligne directe de Gengis Khān.

Tara verte : une autre des vingt et une deesses Tara dans la sculpture et la peinture bouddhiques tibetaines. La Tara verte symbolise la feminite epanouie de la femme adulte. En Mongolie, la Tara verte la plus celebre est egalement une sculpture en bronze de Zanabazar. On raconte que c’est son amante qui lui servit de modele.

Tchoibalsan, Khorlogyn (1895-1952) : ministre de l’Interieur durant la majeure partie des annees 1930, et chef du gouvernement mongol de 1939 a 1952. Il est connu aujourd’hui comme le ≪ Staline de la Mongolie ≫. L’un des fondateurs, en 1920, du Parti du peuple mongol (PPM) avec Sukhe Bator, Bodoo et Danzan Soli, il restait, au debut des annees 1930, le seul survivant des trois – Bodoo et Danzan avaient ete fusilles, Sukhe Bator etait mort d’une maladie soudaine et inexpliquee. Bien qu’il ait ete le dictateur le plus brutal de l’histoire mongole, assassinant des vingtaines de milliers de personnes, il est neanmoins entre dans les annales de la nation comme le chef de gouvernement qui obtint en 1946 l’accord de l’Union sovietique et de la Chine sur l’independance de la Mongolie.

Temujin : voir Gengis Khān.

Thangka : peinture a la main representant les dieux, les esprits et les themes religieux du bouddhisme, encadree de bandes de soie. Les thangkas sont habituellement pendus aux murs ou au plafond.

The au lait : the vert au lait sale qui est l’aliment de base du Mongol. On peut y ajouter du beurre, du lard, du riz ou de fines tranches de viande, ce qui lui donne alors l’apparence et le gout d’une soupe occidentale.

Toono (prononcer ≪ tone ≫) : toit circulaire de la ger, ressemblant au cadre d’une fenetre ouverte. C’est par la qu’entre directement la lumiere du soleil, par la que sort la fumee du poele. Aujourd’hui, les gers ont des conduits de cheminee qui evacuent la fumee par le toono. Cependant, avant la ≪ Grande Attaque culturelle ≫ des annees 60, le foyer central n’etait encore qu’un atre ouvert – ce qui rendait periodiquement l’interieur de la ger plutot enfume. Toutes les gers ayant leur porte au sud, les rayons du soleil matinal qui se deversent par le toono touchent d’abord le haut du plafond cote ouest. Le cercle de lumiere progresse dans le sens des aiguilles d’une montre a l’interieur de la ger, atteignant le cote est du mur et du plafond en fin de journee. Ainsi, le toono remplit trois fonctions : il sert de fenetre, de ventilateur et d’horloge.

Traites : chants religieux et toute autre litterature sur l’histoire et la pratique du bouddhisme au Tibet et en Mongolie. De facon caracteristique, les pages de ces petits livres etroits ne sont pas reliees, et seules les pages interieures sont en papier, la premiere et la quatrieme de couverture etant en bois, recouvertes de soie.

Tribus mongoles : avant d’etre unifiees en 1206 par Gengis Khān pour former la Grande Nation mongole, il existait beaucoup de tribus se faisant continuellement la guerre dans ce qui est aujourd’hui la Mongolie et au-dela. Parmi ces tribus, citons les Mongols Hamag, Mergid, les Naimans, les Taichuud, les peuples de la foret, les Jadran, les Hongirad, etc.

Tsaatanes : eleveurs de rennes de l’ethnie touva, vivant dans la province montagneuse du Khovsgol au nord-ouest de la Mongolie. Les rennes sont leurs moutons, leurs vaches et leurs chevaux. Ils habitent dans des tipis et continuent d’observer les antiques traditions chamaniques. Leur mode de vie et leur systeme de croyances peuvent etre rapproches de la condition de tout Mongol avant l’acquisition du cheval. Les paralleles, culturels et genetiques, avec les Indiens d’Amerique ont ete notes dans les litteratures populaire et scientifique. On trouve aussi des eleveurs de rennes en Siberie et jusqu’en Finlande a l’ouest de l’Europe ou en Suede au nord.

Tsagaa : aarts congele.

Unis : longues perches qui soutiennent le toono et forment le plafond de la ger. Il y a 88 unis dans une ger moyenne a cinq parois.

Uur : riviere du Khovsgol pres de la frontiere nord de la Mongolie, traversant les sums d’Erdenebulgan et de Tsagaan-Uur.

Vodka au lait : boisson alcoolisee au gout parfois voisin du sake. Son nom mongol est chimiin arkhi. La vodka est distillee a partir d’aïrag en utilisant une source de chaleur et un procede de condensation [appareil faisant office d’alambic]. L’aïrag servant a faire de la vodka au lait ne provient jamais de lait de jument. Les vodkas au lait ont un gout different selon le type et la qualite de l’aïrag distille, et la longueur du processus de distillation. La vodka la plus forte en alcool est celle qui a subi une ou deux distillations. La vodka la plus courante, et la moins alcoolisee, s’obtient en renouvelant a trois ou quatre reprises d’eau froide l’eau du plus petit vase, ou l’evaporation se condense pour s’egoutter dans le pot inferieur. Avec 17-18 litres d’aïrag, contenance habituelle d’une marmite dans une famille d’eleveurs, on peut extraire 0,8 a 1 litre de vodka au lait a forte teneur en alcool, ou bien 2 a 3 litres de vodka au lait plus faible en alcool. La vodka au lait a forte teneur en alcool (titrant a 60°) contient approximativement 30 % d’alcool, tandis que la vodka au lait normale (titrant a 40°) est a 20 % d’alcool. Comme la vodka au lait ordinaire est legere au gout, mais traitre dans ses effets, les Russes l’ont surnommee hitraya vodka (≪ eau trompeuse ≫).

Yonzon Khamba : abbe du monastere de Gandan a Oulan-Bator. Les communistes l’accuserent d’etre le meneur de la pretendue conspiration bouddhique contre les autorites communistes, justifiant par la meme, selon eux, de purger, a l’echelon national, le pays du bouddhisme, de ses adeptes, et de tous ses lamas. Une purge similaire fut engagee contre l’islam chez les Kazakhs, a l’extreme ouest du pays. Des vingtaines de milliers de personnes furent assassinees.

Zanabazar (1635-1723) : egalement connu comme Ondur Gegeen (le ≪ Grand Saint ≫). Fils de Tusheet Khan Gombodorj, un khan de la Famille d’Or, Zanabazar fut le premier chef religieux bouddhiste de Mongolie [Bogdo Gegeen]. Il etait aussi peintre, sculpteur, compositeur, musicien, a l’origine de l’ecriture soyombo. Avant de devenir le chef de toute la Mongolie, il chercha de l’aide aupres de l’armee mandchoue pour vaincre les khanats mongols d’occident qui etaient en guerre contre ceux d’orient, provoquant ainsi le declin de la Mongolie qui fut ravalee au rang d’une colonie mandchoue. Meme si son heritage en tant que khan et homme politique demeure discutable, on se souvient aujourd’hui de lui comme le ≪ Michel-Ange de l’Asie ≫ pour ses magnifiques sculptures, dont les celebres vingt et une Tara en bronze dore.

Zerleg : nom d’une vallee parcourue par la riviere du meme nom. Zerleg signifie ≪ etendue sauvage ≫. Elle se trouve a quelques heures de cheval de l’Arkhan.


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